Libérons les trottoirs et les pistes cyclables !

A force d’émettre des critiques répétées sur l’envahissement des trottoirs, aires piétonnes et infrastructures cyclables de la ville par les deux roues motorisés, et par les voitures qui y stationnent, la municipalité a fini par réagir. Et c’est évidemment une bonne chose. A la bonne heure ! Serions-nous tentés d’écrire. En premier lieu, nous avons entamé un dialogue constructif avec Thierry Braconnier, adjoint au maire de Châtillon, notamment en charge de la sécurité. Sur sa proposition, une réunion a été organisée le jeudi 16 octobre au soir, en présence d’autres adjoints, de la responsable de la police municipale, de la directrice de la communication et de M. le maire de la commune, Jean-Pierre Schosteck.

Nous avons présenté l’association, son rôle sur la commune, le fait qu’elle compte désormais 180 adhérents qui sont autant de personnes désireuses de faire progresser le confort et la sécurité des déplacements à pied et à vélo.

Nous avons évoqué différents problèmes, constatés par les membres du CA de VPC et via les messages des adhérents :

  • Le problème des trottoirs et pistes / bandes cyclables sur lesquelles stationnent les voitures et deux roues motorisés – ces derniers y circulent parfois à grande vitesse, pour rejoindre leur stationnement ou éviter un bouchon. Dans certaines rues, les piétons ne peuvent même plus utiliser le trottoir pour se déplacer ! Des piétons (enfants ou adultes), des parents avec poussette, et des usagers en fauteuil roulant sont ainsi non seulement gênés mais surtout mis en danger puisqu’ils doivent descendre sur la chaussée et risquent d’être percutés par les véhicules motorisés qui y circulent.
  • La messagerie de la police municipale saturée, qui ne permet pas de laisser un message, et la difficulté pour joindre la police municipale, du fait notamment d’horaire désormais davantage restreints.
  • Le parvis de Châtillon-Montrouge (devant Bricorama), qui concentre encore de trop nombreuses incivilités (stationnement et circulation de véhicules motorisés), et où la circulation des piétons et cyclistes est encore plus difficile du fait des travaux du Grand Paris Express.
  • La Rue Gay-Lussac, dont les trottoirs servent de parking. Toutefois, les récentes interventions matinales de la police municipale ont montré qu’il était possible de mettre fin à ces comportements, notamment à l’heure de rentrée des classes.
  • La place du marché : les potelets de l’avenue Jean-Pierre Timbaud ont disparus les uns après les autres, les voitures y stationnent alors que même l’arrêt y est interdit (zone de rencontre, panneaux nombreux et explicites), et les motos et scooters circulent et stationnent devant le supermarché…
  • la D906 (avenue de Paris) : voitures et motos stationnent sur les trottoirs et sur la bande cyclable qui permet aux cyclistes de remonter la contre-allée. Le pire étant la piste cyclable devant la sandwicherie de Châtillon, près de l’arrêt de tramway Châtillon centre : elle est utilisée comme parking, en particulier le midi par les clients du commerce précité.

Suite à ce bilan, la responsable de la police municipale, Virginie Garnier, nous a apporté son point de vue :

Certains agents de la police municipale sont partis, ils ne convenaient pas au service. Elle met un point d’honneur à ce que tous les appels soient systématiquement traités. S’ils n’interviennent pas dans l’immédiat c’est qu’ils sont en mission ailleurs. Le téléphone sonne très souvent et il arrive qu’un appel aboutisse sur le répondeur. Dans ce cas, il ne faut pas hésiter à rappeler car la police municipale fonctionnent exclusivement par téléphone pour les interventions (vous pouvez joindre la police municipale au 01 47 46 86 70). Ils sont  en phase de recrutement et une seconde bridage de soirée devrait être prochainement mise en place, afin d’améliorer encore la qualité du service.

Virginie Garnier nous a expliqué que les statistiques sont en progression. Toutes les infractions constatées ont augmenté (verbalisation et fourrière.) Concernant la fourrière, ils priorisent et ne peuvent pas tout mettre en fourrière.

Nous avons évoqué le cas de plusieurs rues (la fin de Gay Lussac, rue Colbert, rue Sadi Carnot, etc.) dans lesquelles les voitures sont garées systématiquement sur le trottoir, sans y subir de verbalisation. Le maire y répond que « c’est normal compte-tenu de l’étroitesse de la rue et que ça a toujours été comme ça ». C’est une fatalité selon lui, et au nom du « vivre ensemble » (sic), il faudrait accepter que le fort taux de motorisation des ménages engendre la transformation de certains trottoirs en espaces dédiés au stationnement automobile.

C’est pour nous une position inadmissible : le stationnement sur trottoir est une infraction grave (4e catégorie, 135 euros d’amende) car elle met en danger les piétons, entrave les mobilités actives et accentue le « tout voiture » (et donc la congestion, la pollution et l’insécurité routière) dans une ville où la majorité de la voirie est déjà dédiée à la circulation et au stationnement automobiles. L’État de droit n’est ici plus respecté, et le maire est le premier officier de police judiciaire (OPJ) de la commune : il n’est pas acceptable qu’il accepte, voire cautionne ces comportements infractionnistes, qui engendrent chez les contrevenants un sentiment d’impunité et institutionnalisent la mise en danger délibérée des administrés les plus vulnérables. Quelques voitures ainsi stationnées sur le trottoir suffisent à pourrir le quotidien de centaines de piétons, en particulier dans des rues comme Gay Lussac, qui compte un collège, une crèche et de nombreuses écoles.

Nous avons par ailleurs rappelé au maire le risque que la situation dégénère entre usagers ou voisins et que cela finisse en pugilat. Les réseaux sociaux montrent plusieurs exemples où les victimes en viennent à être menacés par ceux qui les mettent en danger :

Thierry Braconnier a toutefois précisé que la police municipale a mené des opérations aux Sablons où les contrevenant ont été verbalisé, afin de cesser la mise en danger des élèves qui se rendaient à l’école. Il estime qu’une vie vaut bien plus que 135€, et c’est aussi le point de vue de Vélo Piéton Châtillon. Il a évoqué l’aspect pédagogique autour des écoles, ce qui est leur priorité majeure. Nous estimons qu’il est vital de mettre un terme à l’impunité, que les trottoirs doivent définitivement être rendus aux piétons, et que les pistes et bandes cyclables soient rendues aux cyclistes. Cela peut en effet passer par de la prévention, de la communication écrite, ou de la répression. Peu nous importe la méthode pourvu que les usagers vulnérables ne se sentent plus en danger au quotidien, et ne soient plus entravés dans leurs déplacements.

La police municipale nous a précisé qu’elle verbalisait de manière systématique les véhicules sur le trottoir, mais nous avons de gros doutes sur le sujet : certains véhicules, en particulier les deux roues motorisés, reste parfois des jours, voire des semaines à la même position sur le trottoir, parfois même à quelques mètres de l’entrée d’une école. Dans ce type de situation, outre la verbalisation, le code de la route (R417-10) prévoit l’immobilisation et la mise en fourrière du véhicule, afin de faire disparaître la gêne et la mise en danger.

Par ailleurs, nous avons demandé les statistiques de la ville concernant la verbalisation du stationnement gênant et très gênant (Code de la route, article R417-11) ; il nous a été opposé un fin de non-recevoir. Nous n’en tirons pas de conclusions. Encore une fois, notre seul but est que les piétons et les cyclistes puissent se déplacer en toute sécurité sur la commune. La municipalité promet toutefois plusieurs démarches dans les mois à venir pour limiter les comportements infractionnistes. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés des éventuelles avancées ou, au contraire, à vous prévenir de nos actions et démarches si nous constatons que la situation n’évolue pas.

D’ailleurs, n’hésitez pas à nous communiquer votre ressenti, en commentaire de cet article ou par email (contact@vchatillon.fr), sur les déplacements à pied et à vélo à Châtillon. Les bonnes idées, les endroits agréables, ou au contraire les aménagements perfectibles, les problèmes que vous rencontrez, tout ce que vous avez envie de témoigner sur le sujet …

Enfin, si vous ne l’avez pas déjà fait, sachez que la FUB (Fédération française des usagers de la bicyclette) a lancé sa seconde édition de l’enquête intitulée : « Baromètre Parlons vélo des villes cyclables 2019 ». Nous en parlions dans un précédent article. N’hésitez pas à y participer et remonter votre ressenti sur Châtillon (et les villes environnantes). Ce baromètre sera pour nous un outil de travail très utile.

Nous remercions à nouveau nos 180 adhérents, et soyez assurés que nous allons continuer à tout faire pour rendre les trottoirs aux piétons, rendre les pistes et bandes cyclables à celles et ceux qui se déplacent à vélo, et faire en sorte que la municipalité développe les infrastructures et aménagements qui favorisent les mobilités actives.

A très bientôt – L’équipe de Vélo Piéton Châtillon

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